Il en aura fallu des années avant que ce premier album de Naïve ne voie le jour. Projet fantôme dont le nom hantait quelques-unes des interviews que Jouch, guitariste-chanteur, donnait pour son autre groupe, Agora Fidelio, Naïve est longtemps resté un concept, appuyé par quelques ébauches prometteuses. Un bassiste – Rico - est arrivé et les ambitions se sont concrétisées, peu à peu, jusqu'à ce premier album, curieusement intitulé The End.
Naïve se veut au croisement de genres qui ne cohabitent pas si fréquemment que cela. Une vision de l'electro bercée par Boards Of Canada ou Massive Attack rencontre un metal simple et direct, fortement inspiré de Deftones. Il en découle que Naïve sonne quelque peu à revers de la mode, bien plus favorable aux sonorités vintage, aux influences en « The ». Avec ses gros riffs directs, Naïve rappelle plus les bons moments de Mass Hysteria que la nouvelle scène et ses hommages incessants à des légendes séniles.
Qu'on ne s'y trompe pas, Naïve n'est pas un énième ersatz français des réussites neo-metal américaines. Contrairement à Mass Hysteria, qui s'est peu à peu privé de sa liberté, Naïve ne s'interdit rien, en particulier en matière de structures. Le morceau le plus court dure à peine moins de sept minutes, preuve que ces toulousains savent prendre leur temps – une qualité très rare. Qu'on réussisse à s'y plonger ou pas, il faut avouer que Naïve, parvient à développer sur The End un univers musical cohérent, où se mêlent sans incongruité des extrêmes musicaux. Le lien est assuré, surtout, par la voix de Jouch, typée mais à sa place. Illustration de cette symbiose, le très bon To lose and to die for, dont la subtile introduction débouche sur des accords bruts que le Deftones d'Adrenaline n'aurait pas renié.
Bien sûr, tout cela ne va pas sans défauts: tel riff paraît un peu grossier, tel rythmique manque d'originalité. Après 58 minutes, pourtant, on n'a pas l'impression de s'être ennuyé. Le mixage est vraiment réussi pour un disque « fait à la maison » et la pertinence des grandes séquences atmosphériques rarement démentie. A cet égard, The End est une pure merveille, tout comme la fabuleuse dernière moitié d'Underwater.
Naïve a réussi sa première oeuvre : il faut espérer que, contrairement à l'usage, ces musiciens-là ne s'en satisferont pas.
Naïve se veut au croisement de genres qui ne cohabitent pas si fréquemment que cela. Une vision de l'electro bercée par Boards Of Canada ou Massive Attack rencontre un metal simple et direct, fortement inspiré de Deftones. Il en découle que Naïve sonne quelque peu à revers de la mode, bien plus favorable aux sonorités vintage, aux influences en « The ». Avec ses gros riffs directs, Naïve rappelle plus les bons moments de Mass Hysteria que la nouvelle scène et ses hommages incessants à des légendes séniles.
Qu'on ne s'y trompe pas, Naïve n'est pas un énième ersatz français des réussites neo-metal américaines. Contrairement à Mass Hysteria, qui s'est peu à peu privé de sa liberté, Naïve ne s'interdit rien, en particulier en matière de structures. Le morceau le plus court dure à peine moins de sept minutes, preuve que ces toulousains savent prendre leur temps – une qualité très rare. Qu'on réussisse à s'y plonger ou pas, il faut avouer que Naïve, parvient à développer sur The End un univers musical cohérent, où se mêlent sans incongruité des extrêmes musicaux. Le lien est assuré, surtout, par la voix de Jouch, typée mais à sa place. Illustration de cette symbiose, le très bon To lose and to die for, dont la subtile introduction débouche sur des accords bruts que le Deftones d'Adrenaline n'aurait pas renié.
Bien sûr, tout cela ne va pas sans défauts: tel riff paraît un peu grossier, tel rythmique manque d'originalité. Après 58 minutes, pourtant, on n'a pas l'impression de s'être ennuyé. Le mixage est vraiment réussi pour un disque « fait à la maison » et la pertinence des grandes séquences atmosphériques rarement démentie. A cet égard, The End est une pure merveille, tout comme la fabuleuse dernière moitié d'Underwater.
Naïve a réussi sa première oeuvre : il faut espérer que, contrairement à l'usage, ces musiciens-là ne s'en satisferont pas.



