Que restera-t-il de l'année musicale 2011? On ne saurait, en cette saison, éviter l'interrogation rituelle. Sans prétendre à l'exhaustivité, voici ce que l'auteur de ce blog a retenu de ces douze mois.
Explosions In The Sky. Vus pour la première fois en concert au mois de mai. Les Texans ont bien défendu leur dernier album, Take Care, Take Care, Take Care et livré des interprétations magnifiques de certains de leurs meilleurs morceaux. On a pu vérifier que, loin de n'être qu'un autre de ces groupes de post-rock interchangeables, Explosions In The Sky fait partie des meilleurs. Et la comparaison avec le concert de Mogwai, quelques mois plus tard, n'incite pas à réviser son jugement. Entre les Ecossais appliqués mais sages et l'énergie splendide des Américains, le choix est simple.
Real Estate. Pour des raisons curieuses, le précédent disque de cet énième groupe en vogue était apparu supportable, mignon, voire sympathique. Mais Days, sorti cette année, est bien trop inoffensif pour émouvoir. Ou même simplement pour attirer l'attention. Lorsqu'il se retrouve malencontreusement coincé dans une playlist entre les vivifiants Shimmering Stars et quelque boucherie metal dont l'auteur raffole (les Toulousains de Drawers, par exemple), ce machin n'a pas grand chose à dire pour sa défense. Et d'ailleurs, on ne les entendra pas ici.
Omega Massif. Avec
Karpatia, ces Allemands ont prouvé cette année que l'on savait faire aussi bien outre-Rhin que chez les héritiers américains de
Isis et
Neurosis. Les guitares sont amusantes comme un barrage d'artillerie et l'écriture a progressé depuis le prometteur
Geisterstadt, que l'on peut désormais
télécharger en intégralité et gratuitement sur l'excellent label Denovali.
Battles. Le retour de ces atypiques s'est fait avec un
Gloss Drop à peine un peu moins exigeant que la précédente livraison du groupe. On accroche plus rapidement, grâce à la science consommée du rythme qu'affichent ces Américains.
Civil Civic. Cette chose a de quoi laisser perplexe. Des lignes de basse en plomb, des claviers parfaitement éhontés et des mélodies dignes de sonneries de téléphone portable. De la musique pour événements sportifs de masse, avec ce qu'il faut de crasse pour que cela demeure tolérable. Avant, sans doute, de devenir insupportable.
David Byrne. L'interprétation live de
This Must Be The Place dans le film éponyme de Paolo Sorrentino aiguise la curiosité à propos de ce tube, que l'on avait déjà entendu dans le
Wall Street d'Oliver Stone. La version du film avec Sean Penn est excellente. Celle-ci n'est pas mal non plus :