lundi 23 janvier 2012

Playlist du moment, sixième.

Les allergiques au prog ne seront sans doute pas touchés par le dernier album d'Opeth, paru en septembre de l'année dernière. Euphémisme : il est en réalité plus probable qu'ils le détestent de toutes les fibres de leur corps, tant le metal énergique qui fit la gloire des Suédois paraît fondu dans une rencontre bizarre avec des éléments jazz. C'est probablement un archétype de ce que certains n'hésiteraient pas à qualifier de kitsch, voire de chiant. Ne leur en déplaise, Heritage offre de beaux moments et beaucoup de surprises. 


Découverts en retard, les Français de Kill The Thrill tendent à fasciner l'auteur de ces lignes ces derniers temps. Indus massif mais aérien, ils étendent sur leur album Tellurique une musique qui prend à Godflesh (dont le Us and Them est d'ailleurs repris ici) et, pour les voix, à Killing Joke. Et à l'occasion, c'est simplement magnifique, comme le morceau Like Cement.


The Psyke Project est tellement underground que le groupe n'a pas encore de page Wikipédia en anglais. Ces Danois pratiquent pourtant un hardcore-metal digne des standards internationaux (Swarm Of The Lotus en tête). Les guitares sont accordées comme des basses et l'on a souvent la sensation de prendre une douche de galets, mais l'album Dead Storm a le mérite de jouer de quelques contrastes et de se révéler, in fine, pas vraiment ennuyeux. On appréciera le clip, où l'on peut admirer des jeunes gens nus se rouler dans la boue, chanter avec des branches mortes en guise de micro ou encore, jouer de la batterie sur des souches moussues.


Mais qui est donc ce Frank Turner, dont on peut légitimement se demander à l'occasion s'il n'est pas quelque Gérald De Palmas version britannique? L'on pourrait sans mal chanter ses chansons autour de feux de bois et bon nombre d'entre elles semblent être taillées pour résonner dans des stades remplis de groupies. Oui, mais voilà, dans sa pop-rock conformiste, Frank Turner met un peu de son passé de frontman de Million Dead, mémorable combo émo-rock. Alors, quand les guitares s'emballent un peu, que la voix s'éraille, on trouve sur England Keep My Bones une sincérité et une énergie qui font plaisir à entendre.

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